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Caf : Ahmad entre réformes et crises à mi-parcours de son mandat (bilan)

Élu le 16 mars 2017 à la présidence de la Confédération Africaine de Football (CAF) pour 4 ans, le Malgache Ahmad Ahmad, est sur les braises à mi-parcours de son mandat malgré les nombreuses réformes opérées.

Ahmad Ahmad a apporté des reformes qui marquent une avancée dans le développement du football sur le continent. Le patron du football africain s'emploie à améliorer les acquis de son prédécesseur, le Président Issa Hayatou mais aussi à reformer les faiblesses héritées.

Les réformes initiées suscitent des des résistances. Par exemple, il est de plus en plus question de renforcer le caractère panafricain de l’institution dont le siège au Caire, avait favorisé une trop forte présence des Égyptiens dans l’administration. De 35% d’Africains d’autres nationalités, Ahmad Ahmad entend arriver à la parité.

Des gloires du football africain, comme le Ghanéen Anthony Baffoe, le Tunisien Adel Chedli, le Sénégalais Kalilou Fadiga, le Congolais Robert Kidiaba, ont ainsi été nommés à la CAF.

La présidence Ahmad Ahmad est aussi marquée par l'accroissement des subventions accordées aux fédérations nationales tout comme les sanctions à l'endroit des arbitres indélicats (une vingtaine d'arbitres suspendus).

Cette présidence est à la recherche de nouveaux moyens additionnels avec une grande attractivité du football sur le continent, l'augmentation des primes des matches des officiels (arbitres, commissaires, superviseurs, coordonnateurs), l'accroissement des moyens et le suivi du football féminin, l'augmentation du nombre de clubs et de sélections permettant aux petites fédérations de participer aux compétitions de la CAF.

[ Les décisions qui plombent la gestion Ahmad ]

Les deux années passées à la tète du football africain ne sont pas un fleuve tranquille pour le successeur de Issa Hayatou. Puisque certaines mesures et décisons plombent la gestion de l'homme de la Grande Île.

Une mauvaise gestion des ressources financières et humaines dénoncée par certains de ses proches et non des moindres, le changement de la période de la CAN, l'épreuve la plus prestigieuse de la CAF de janvier-février à juin-juillet qui sont des mois de grandes saisons des pluies dans la plupart des pays du continent, la trop grande faveur accordée au Maroc (création d'un poste de 3ème vice-président confié au président de la FRMF, la présence de 11 Marocains dans les commissions permanentes contre 3 pour chaque pays, l’ouverture d'un bureau permanent de la CAF à Casablanca...), la mauvaise gestion du dossier Cameroun-Comores des éliminatoires de la CAN 2019 qui a conduit les Comores à saisir le Tass, les crises entre Ahmad et des fédérations (Côte d'Ivoire, Gabon, Bénin, Guinée Bissau...), les scandales autour de ses collaborateurs membres du Comité Exécutif (Sierra Leone, RD Congo et Ghana), le retrait et le glissement des CAN 2019, 2021 et 2023 sans l'accord des pays concernés, la suspension à tout vent des arbitres sur la simple base de suspicion, font partie des griefs à l’encontre de la gestion de Ahmad Ahmad.

La dernière décision de faire rejouer la finale retour de la Ligue des Champions 2019 remportée par le club Tunisien de l'Espérance Sportive de Tunis après la menace du WAC de Casablanca de saisir le TAS, ( remplacée par la menance désormais tunisienne) , est la goutte d'eau qui a débordé le vase déjà plein.

Cette autre affaire qui fait déjà grincer des dents sur le continent conforte pleinement l'idée des observateurs de la part belle faite au Maroc.

[ Les dissidences au sein du Comité Exécutif de la CAF ]

On se rappelle il y a quelques mois, deux membres du Comité Exécutif de la CAF notamment la présidente de la Fédération Sierra leonaise de football, Isha Johansen et le Libérien Musa Bility, avaient évoqué un malaise au sein du football africain en général et principalement au Comité Exécutif de la CAF. Ce dernier avait dénoncé une gestion opaque des ressources financières de l'instance faîtière par Ahmad Ahmad.

'' Je pense que nous sommes dans une situation pire qu'il y a deux ans. L'ironie dans tout ça, c'est que c'est la raison pour laquelle nous nous sommes battus pour que les choses changent '', avait dit Musa Bility dans une lettre datée du 1er février 2019 et adressée à Ahmad Ahmad. Le Libérien a même marqué le coup en rendant sa demission de deux commissions permanentes de la CAF.

Ahmad Ahmad qui souffle le chaud et le froid à mi-parcours de son mandat et qui joue déjà sa réélection à deux ans des élections, est obligé de se justifier à chacune de ses sorties.

Adou Mel

 

Dernière modification le 06/06/2019

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